Archive for novembre, 2007
They decide, so we should watch…
They decide, we watch
, c’est le slogan de USandUs.eu, site d’observation de la e-campagne présidentielle américaine.
C’est tout nouveau tout chaud, et ça risque d’être du beau boulot :
- c’est animé par iPol, qui avait fait un excellent travail de couverture de la campagne présidentielle française sur le net,
- c’est réalisé par la Netscouade, l’agence internet fondée par le responsable de la campagne en ligne de Ségolène Royale,
- et c’est soutenu par RTGI, éditeur de solutions de veille et d’analyse stratégique, à l’initiative de l’Observatoire de la présidentielle française.
Il y a évidemment un fil RSS pour s’abonner, et si vous voulez en savoir plus c’est ici.
Sharma grimpe en moulinette !
Toutes les légendes ont une fin… Aujourd’hui, c’est au tour de celle de Chris Sharma de se terminer lamentablement.
Vous savez, ce mec qui tapait négligemment des essais dans la 8c+ au RocTrip, pendant que je misérais dans le 5+ avec ma basket au pied droit ? Le mec limite insultant, quoi.
Hé bien aujourd’hui, il ne nous la fait plus : Chris Sharma grimpe en moulinette !
Et pour légender cette photo qui pourrait être celle de Dudu à la falaise de Saint Egrève : Sharma, 26, has been climbing professionally for a decade. He is considered the world’s best rock climber
.
Preuve accablante supplémentaire : il y a même une vidéo !
Il y a eu Virenque en 98… aujourd’hui c’est Sharma qui est « out », comme disent les ricains. À mon tour de devenir une rock star !
Vincent nous parle du Darfour
Vincent est au Drafour, en mission humanitaire. Par mail, il nous a envoyé sa vision des choses par mail. Je publie son texte ici avec son accord, en supprimant toute référence au nom de l’ONG pour laquelle il travaille.
Précision : son mail date d’avant l’affaire de l’Arche de Zoé.
C’est un peu long mais ça vaut le coup.
Allez, je prends un peu de temps pour essayer d’éclairer deux trois points qui puissent vous chatouiller et vous intéresser. A propos du Darfour, dont vous et moi n’avons qu’une vision partielle. Pour voir ce qu’il s’y passe. Le but de mon boulot ici. Bonne lecture. Mail écrit en plusieurs fois pour faire le tour de la question.
Que se passe-t-il exactement au Darfour ?
Il faudrait s’imprégner de plein de documents, livres, témoignages, autres, et suivre l’actualité du terrain à plein temps pour espérer comprendre. Je n’en suis pas capable et bien peu le sont. Quant à prévoir, on en est tous incapable.
Il y a au Darfour, pays grandement désertique mais arrosé d’une belle saison des pluies qui le fait vivre, 25 groupes rebelles (c’est-à-dire qui rejettent l’accord de paix signé en 2006), un grand nombre de tribus différentes (600 m’a-t-on dit) aux relations complexes. Au mieux, je peux vous faire un résumé du contexte local.Ici, c’est la limite sud du conflit. Les Rezeigats, majoritaires à El Daien (ma ville), sont neutres, ils ont tout à perdre dans un conflit avec tel ou tel parti. El Daein est en revanche un lieu d’accueil (en ce moment, c’est le cas) de déplacés des conflits au Nord d’ici. Au nord est, le gouvernement se bat assez férocement avec des groupes rebelles. Aucune source extérieure n’a accès à la zone. Au nord et nord ouest, les milices dites « arabes » (des nomades à chameau) attaquent les villages de résidents et les vident. Au printemps, ils ont déjà brulé une partie de ces villages. La politique de la terre brulée pour augmenter l’espace de paturage de leurs bêtes. Car oui, ces nomades sont bloqués vers le nord dans leur route traditionnelle de migration par d’autres groupes sédentaires. Ces nomades ont l’aval, les yeux fermés, du gouvernement. Ils s’attaquent en effet au principal groupe rebelle du Darfour, Les Zaghawas.
Les habitants de ces villages s’installent donc ici, à El Daein, dans un camp de IDPs (Internal Displaced People), dont certaines ONG s’occupent. Tous les coins ont leur problematique, toutes différentes, dont la principale est une sorte de fragmentation du conflit, des zones avec des commandeurs locaux auxquels on peut difficilement se fier. Car en cas de conflit entre deux grands protagonistes, il est finalement beaucoup plus facile de négocier et faire assurer sa sécurité, que dans un contexte où chaque petit groupe cherche des trésors de guerre, à savoir véhicules tout terrains et téléphones satellites.
Au fait, pourquoi tout le monde se bat contre tout le monde ?
Eh bien, plusieurs problèmes.
Problème foncier historique : les terres (dar) appartenaient historiquement à la tribu four (le dar-four) qui les répartissait entre les tribus présentes sur chaque zone. D’où querelles et jalousies historiques, mais limitées cependant.
Problème écologique : avec les sècheresses et une certaine pression démographique, il n’y a plus de place pour tout le monde, nomades et sédentaires. Du moins pas avec les modes de vies traditionnels et les faibles, très faibles atouts techniques de la région, toujours délaissée par le gouvernement central. Les nomades ont besoin d’espace le temps de leur migration, les sédentaires plantent à la même saison des pluies. La saison des pluie est la chance de ce pays, mais en conséquence elle est porteuse de conflits récurrents.
Problème ethnique, dont la source principale est cette situation de terrain de guerre larvée entre le Tchad et la Libye dans les années 80, Khadafi contre Issène Habré. Qui ont chacun joué sur une supposée appartenance de chaque tribu à une population « arabe » (supposée nomade à la base) ou « africaine » (sédentaire, mais ce n’est pas toujours vrai, bien sûr). C’est maintenant de pire en pire.
Problème politique : le conflit dans le Sud Soudan a donné des velléités de revendication politique aux populations locales, qui veulent un partage des richesses énormes du pays, énorme producteur de pétrole.
La force hybride des UN (Unamid), ça va changer quoi ?
Eh bien, tout le monde se fout sur la gueule avant l’arrivée des UN, pour négocier en position de force.
Ensuite, l’arrivée sera tardive (cours de l’année prochaine). Si c’est la saison des pluies, ils peuvent ranger leur matos pendant 3 mois… Les ânes iront plus vite que leurs véhicules embourbés…
Enfin, aucun usage de la force de l’Unamid en dehors des camps. Le gouvernement a plutot intérêt à ne plus voir de camp donc, mais les gens dispersés à la campagne. Or comme par hasard, certains gros camps ont connaissent un regain de violences internes… Donc les comptes pourront se régler à la campagne, et la campagne est grande au Darfour, grande comme la France.
Et rien ne se fera à l’ONU tant que la Chine et la Russie ne changeront pas de position, problème strictement pétrolier donc.
Est-ce que ça craint coté sécurité ?
Eh bien, oui, et non. On est sensé travailler en zones de campagne, et les conditions de sécurité ne sont pas assurées : on n’y est donc pas allé depuis mon arrivée. El Daein a des soubresauts de temps à autre, mais rien de méchant. En ce moment, c’est Ramadan. On sort très peu finalement.
En revanche, les autres de bases de mon ONG sont sur le qui-vive, rien n’est jamais assuré ici.
C’est quoi mon taf ici ?
Comment être fatigué et débordé de boulot quand on ne va pas sur le terrain ? D’abord, mon ONG. La mission ici est quasiment la plus grosse de l’asso historiquement. Près de 45 expats, plusieurs projets et donateurs (union européenne, US, les anglais, les français) pour plusieurs millions d’euros. Si la mission bugge pour x raison, c’est l’ONG qui risque de couler.
Conséquence suivante, pas facile de gérer une grosse mission quand on est une asso de taille moyenne, avec peu de fonds propres. MSF (par exemple) a plein d’argent, tant mieux, ça permet des conditions de travail parfois plus facile. Nous, près de 90% du budget donné par les donateurs, doit aller au terrain, à l’opérationnel. Donc, on ne roule pas sur l’or, loin de là, chaque dépense est pesée. Les postes sont le plus souvent des volontaires, quelque fois des salariés, mais ça gagne pas gros, faut être motivé.
Dernière difficulté interne, recruter. On n’a par exemple pas de chef de base depuis un mois et demi, encore peut-être pour quelques semaines, donc faut se partager les responsabilités. Le Darfour se vend mal en France. De plus, problème plus général, les ONG françaises payent peu, contrairement aux anglophones. Ce qui donne des résultats assez déroutants.
On a plutôt tendance à avoir des jeunes (moyenne de mon ONG au Soudan : 29 ans !), motivés, pauvres (souvent au RMI au retour) et qui bossent comme des ânes. Et d’après confidence d’un canadien bossant pour une ONG anglophone, de l’autre coté on a des gens expérimentés, motivés par l’argent, à l’esprit fonctionnaire (genre je me fais payer les heures sup… véridique). Y aurait-il un juste milieu ?
Le boulot. Eh bien, le camp de IDPs, El Neem, dont j’ai parlé plus haut. Après moultes hésitations, nos chefs à Nyala ont décidé qu’on pouvait s’engager à bosser dans cette zone. Il s’agit des mêmes personnes qu’on aurait aidé dans leur village d’origine. De mon coté, construction de latrines (trou dans la terre, panier en osier, bache plastique autour). 140 à faire cette semaine. Mais ça passe par une registration des personnes, pour avoir un chiffre à peu près fiable. El Neem C, la partie du camp dans laquelle on bosse, c’est 3 400 familles, soit près de 20 000 personnes… 1 latrine pour 4 familles. Et de la promotion à l’hygiène et la santé. Utilisation des latrines, distribution de savons, distribution de moustiquaires bientôt.
A la campagne, si on y retourne, rénovation de points d’eau, c’est-à-dire remplacement des pompes (l’eau est à 100m de profondeur dans les forages, une pompe coute cher…), construction des points d’eau en surface pour éviter que les bêtes et les hommes se mélangent trop. J’espère qu’on pourra le faire.
Et puis des réunions, les autorités, les mouvements de population à essayer de suivre. On a aussi décidé de s’engager avec des projets Unicef pour la rénovation d’écoles dans le camp, intéressant, c’est mon collègue qui s’en charge. On essaie de récupérer du matos avant qu’il se fasse bombarder…
Bref, on nage entre l’attrait du terrain (on est quand même là pour ça, pour aider les gens), la frustration du terrain, les exigences de tous les cotés, bailleurs et hiérarchie, le plaisir de travailler avec des Soudanais, la lassitude de travailler tout court, l’envie de se poser et discuter avec les gens, c’est-à-dire se comporter en humain normal. Regarder les gens et écouter les oiseaux et le contraire aussi. L’expérience humanitaire est une expérience complexe !
Depuis, Vincent a envoyé ce rapide commentaire à propos de l’Arche de Zoé :
Pour l’affaire de l’arche de Zoé, au-delà du coté navrant du truc, du coté encore plus navrant des journalistes qui n’ont pas mis un pied ici voir ce qu’il se passe, ce sont les autorités locales qui cherchent toutes les occasions de nous enfoncer un peu.
Ce n’est pas spectaculaire, mais le représentant d’OCHA, qui est l’agence des Nations Unies pour la coordination des humanitaires, donc quelqu’un d’important, s’est fait jeté hier comme un malpropre de Nyala, le QG des ONG.
Les UN n’ont guère moufté. Conclusion: toutes les ONG qui sont dans le collimateur des autorités n’ont qu’à bien se tenir, sinon, ils savent ce qu’elles risquent.
Avec en toile de fond l’évacuation « trouble » d’une partie d’un camp de Nyala, qui rassemble 80 personnes. Cela malheureusement, ce ne sont pas les journaux français qui en parleront…
Mike Horn au Summum de Grenoble
La soirée de clotûre des 9e Rencontres du cinéma de montagne a eu lieu vendredi 09.10 au Summum. Soirée Mike Horn… Il fallait bien les 3500 places de la salle de concert de Grenoble pour accueillir tous ceux qui voulaient voir cet explorateur surhumain.
J’ai lu cet été Latitude 0°, le récit de son tour du monde en suivant l’équateur (en bateau, à pied, en vélo, en pirogue). J’étais très curieux de voir les quelques images tournées lors de sa traversée de la jungle amazonienne (jamais faite auparavant), mais j’ai surtout été très impressionné par les images du Pôle Nord en hiver : nuit noire, tout à la lueur de la frontale, filmé en nightshot
(dominantes vertes sur l’image). Et, dans cette ambiance, Mike Horn qui enfile sa combinaison étanche pour traverser en rampant une très fine couche de glace !
Allez, queques critiques quand-même, pour ne pas tomber dans l’admiration béate du personnage : Mike Horn nous a passé tous ses films, de sa descente de l’Amazone en hydrospeed jusqu’à son premier 8000 cet été. Ça faisait un peu Ma vie mon oeuvre
, ça n’en finissait plus. Dommage, parce que du coup et on ne prend pas le temps de rester discuter avec le tout Grenoble grimpant et voyageant aperçu hier soir.
De plus, Mike Horn doit gagner une partie de sa vie en faisant du coaching en entreprise. Et hier, il s’est un peu cru en entreprise : comment faire face aux problèmes, comment puiser des ressources insoupçonnées au fond de soi, comment réussir sa vie… Et j’ai trouvé parfois qu’il était à la limite du mépris : vous, pauvres travailleurs qui avez subi les bouchons pour venir voir un homme exceptionnel comme moi, alors que vous avez tant de soucis dans votre vie misérable…
Bon, je force un peu le trait, car ça fait de toute façon partie du personnage Mike Horn : un homme entier, qui sait ce qu’il veut et où il va. Et on ne va pas bouder notre plaisir : on a passé une excellente soirée, faite de voyages, de rêves et d’exploit.
Et même si l’homme a oublié d’être modeste, je vais me plonger dans ses derniers bouquins, sur le tour du cercle arctique et le pôle de nuit.
Yann 2.0
Yann, en plus d’être mon frère, est officier dans la marine marchande. Jusqu’à Noël, il est en mission en Nouvelle Calédonie, et c’est à cette occasion qu’il ouvre son blog, Yann en vadrouille.
Au programme : missions scientifiques dans les îles du Pacifique sud, kite surf dans les eaux turquoise, dégustation de fruits exotiques…
Si votre vie est une longue dépression dominée par le gris des tours de je ne sais quelle banlieue, abstenez-vous d’aller y faire un tour…
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