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De Mendoza à la Valle de la Luna
Que c’est dur de s’arracher de Mendoza et de ses terrasses ! Nous nous dirigeons maintenant vers San Juan, toujours plus vers le nord. Le vent est de notre côté, et nous rejoignons la petite ville deux jours plus tard. Nous partons ensuite pour la Vallée Fertile. L’engagement commence un peu à se faire sentir : les villages sont souvent espacés, il faut commencer à porter un peu notre eau et nos provisions. Les vignes immenses qui bordent la route laissent bientôt place au sable et au désert. Cette route peu fréquentée nous permet d’accéder à de petits villages paysans aux maisons en adobe.
Dans le petit village de Bermejo, nous pic-niquons en companie de Martín et Pedro, qui du haut de leurs 12 ans, viennent discuter pendant que les autres jouent aux billes. Les gens ici vivent de leus chèvres, de leur poules et de l’élevage de chevaux, dont ils semblent très fiers.
Directement du champ au grill…
Au village de Chucuma, nous dormons dans la cour de paysans qui nous accueillent chaleureusement. Au fond de la grange, une forme étrange pend dans l’ombre… Une tête de vache ! Gloups… Ils nous expliquent qu’ils l’ont tuée hier soir, et qu’ils vont la vendre à San Augustin le lendemain matin. C’est aussi notre destination ! Le lendemain soir, nous voilà nous aussi à San Augustin, conviés a un grand « asado » avec les autres convives de l’auberge de jeunesse. « La viande est fraîche ! », nous dit le boucher. Oui oui, on sait !
Ici, la ration normale c’est 500g de viande par personne. Et la viande est incroyablement tendre et savoureuse.
Aaah, Mendoza…
Notre Lonely Planet disait « Mendoza is a trap ». Nous avions prévu d’y passer 2 jours, et effectivement on a eu du mal à se sortir de ce piège.
Après 6 jours pour passer le col Rendedor, on arrive dans cette petite ville cernée de vignes, avec des trottoirs parsemés d’arbres porteurs d’une ombre bienvenue, des places ornées de fontaines et de pelouses, des rues piétonnes jonchées de terrasses… Et les Argentins qui y prennent le temps de vivre, dans une atmosphère accueillante et détendue.
Nous voilà naviguant de jardin en terrasse, d’assado (barbecue) en dégustation de vins…
On passe 2 soirées dans la même winerie : « vous êtes revenus ! » nous dit-on le deuxième soir… A la présentation des vins locaux, nous sommes les seuls français ; le présentateur semble chercher notre approbation à chaque fois qu’ils fait référence aux vins de l’hexagone. Nous qui n’y connaissons rien !
Mais nous avons encore un peu de route à faire vers le nord. Nous laissons donc là ce couple de canadiens venus s’installer pour leur retraite, se présentant comme des « exilés climatiques ». Et nous partons pour un monde sans eau (et sans vin) : le désert de la province de San Juan.
L’armée, une grande famille
Deuxieme jour de vélo, on a attaqué la montée vers le col de Cristo Rendedor, il est 19h. On se prépare à bivouaquer inconfortablement au bord de la route aux alentours de Rio Blanco, lorsqu’on passe devant une base de l’armée chilienne. A tout hasard, on demande au planton qui garde la barriere si on peut profiter d’un carré de pelouse dans l’enceinte de la base.
Amadoué par nos vélos lourdement chargés, il appelle son supérieur, et le capitaine débarque pour nous accueillir chaleureusement dans sa base : douche chaude, repas consistant à la cantine et lit confortable.
Les militaires sont tres accueillants, même s’ils parlent vite et qu’on a du mal à les suivre. On a notamment l’occasion de passer pas mal de temps avec Christian, l’infirmier jovial et « gordito », comme il le dit lui-même. L’occasion de connaître un peu mieux son pays, et de se rendre compte qu’on partage ici les mêmes craintes sur les changements climatiques et géopolitiques à venir.
Rebelotte
Le lendemain, forts de la recommandation du capitaine Fernando, nous frappons à la porte de la base de Portillo, apres une arrassante montée en lacets jusqu’à 2700m d’altitude. Un coup de fil à la base de Rio Blanco, et de nouveau on nous offre le gîte et le couvert.
Ici c’est plus rustique, c’est une base avancée, et il n’y a qu’un officier et deux jeunes appelés pour la garder. On passe une nouvelle soirée à s’accrocher à leur espagnol mal prononcé, pour en apprendre plus sur le chomâge qui touche le Chili, le tentation du protectionnisme et de la xénophobie, le regret de la sécurité qui régnait sous Pinochet, mais aussi (et c’est un peu contradictoire), l’espoir suscité par ce que fait Chavez au Vénézuela.
Au final, deux soirées completement inatendues et surtout riches en découvertes. Ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on est venu chercher ici !
Premier col, premiers kilomètres, premières rencontres
Ça y est, on est en Argentine!
Après 2 jours a Santiago du Chili pour préparer les vélos et se remettre du décalage horaire, nous voilà partis sur la route qui se dirige vers l’Argentine. Il nous faudra 3 jours et demi pour atteindre le tunnel du Cristo Rendedor, 2600 m plus haut ! On s’enfonce a notre petit rythme dans les andes chiliennes, qui nous rappellent un peu les Ecrins, mais en beaucoup plus vaste.
Apres une première nuit de bivouac, nous profitons deux jours de suite de l’ hospitalité des militaires chiliens.
Pour le 4ème jour de vélo, on passe le tunnel du Cristo Rendedor dans le pick up des surveillants du tunnel : ils sont habitués, et font passer presque tous les jours des cyclotouristes comme nous!
D’ailleurs tous les jours on croise des cyclistes chevronnés : un brésilien sur la route depuis 8 ans, un népalais qui roule depuis deux ans, de la californie a la terre de feu… On est petits joueurs à côté!
On est ensuite tous contents de faire chauffer les freins pour plus de 200 km de descente jusqu’à Mendoza, qui se situe à 800m d’altitude. Mais le vent n’est pas de nôtre côté, et souffle très fort le bougre!! Il nous faudra parfois descendre du vélo et pousser, en pleine descente!
Nous rejoignons Mendoza 3 jours plus tard, avec déjà le goût du boeuf et du vin argentin dans la bouche.
Mendoza nous réserve un super accueil : soleil, 30 degrés, des parcs immenses, des terrasses remplies à perte de vue… C’est vraiment une ville où il fait bon vivre, et on en profite!
Pour voir les photos, vous pouvez cliquer à droite, sur les vignettes flickr, ou ici
Et pour voir l’itinéraire au jour le jour, ils suffit de cliquer sur la carte google maps juste en dessous, ou ici
C’est parti !
Bien arrivés à Santiago avec armes et bagages, les vélos même pas cassés. Presque trop facile !
Le terminus de la ligne de bus qui vient de l’aéroport, c’est Los Heroes, à 10 minutes à pied de La Casa Roja, notre camp de base. Impossible de trimballer les cabas de sacoches et les cartons à vélos aussi longtemps, alors on les remonte en pleine ville…
On se remet du décalage horaire, et on commence à se rendre compte qu’on y est…
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