Palmyre, l’éphèmère

Palmyre, c’était l’étape incontournable de notre périple en Syrie.

À plus de 100 km de Khoms et de Damas, Palmyre est nichée dans un oasis perdu au milieu du désert. Autour, il n’y a rien que des dunes de sables, à l’infini. Mais à ce point précis, il y a de l’eau. C’est pour ça qu’ici, précisément, 100 ans après JC, les grecs et les romains ont établi une ville qui accueillait plus de 100 000 habitants. Ils érigent alors temples, monuments funéraires, rues de colonnades…

Dès le 17ème siècle, Palmyre décline, et se réduit à un simple village. Les habitants abandonnent les vestiges aux tempêtes de sables, qui ensevelissent la plupart des pierres… Ce n’est qu’au 20ème siècle que des archéologues européen entreprennent des fouilles et découvrent des ruines, incroyablement préservées par le sable et l’air sec.

Aujourd’hui 80 000 personnes vivent à Palmyre, et vivent du tourisme, et de la culture de dates et de figues.

C’est dans ces endroits-là qu’on prend conscience que l’homme ne vit que là où il y a de l’eau. L’homme sait s’adapter à tout, au manque de terre (comme on le voit avec les Palm Islands de Dubaï), à la chaleur (Doha au Quatar, pas de vie sans la clim’)… Mais on a toujours pas trouvé de solution pour vivre sans eau.

Et justement, Palmyre commence à manquer d’eau. Le guide qui nous fait découvrir la Vallée des Tombes, à quelques kilomètres de la ville, évoque les bains qu’il prenait dans une source d’eau sulfureuse, lorsqu’il était enfant. Il nous amène à la source : asséchée!

L’oasis commence à manquer sévèrement d’eau, nous explique-t-il. Les réserves ont été évaluées. Il y en a peut être pour 10, 20, 30 ans ? Il nous montre, au loin, la palmeraie. Avant, chacun pouvait creuser son puit, pour irriguer ses cultures. Maintenant, c’est interdit. L’état a construit une pompe à eau, et l’eau est rationnée. Chacun peut toujours irriguer, mais seulement certains jours.

Et quand il n’y aura plus d’eau ?

Palmyre va-t-elle à nouveau sombrer dans l’oubli ? Des citernes achemineront-elles l’eau pour les touristes qui pourront bien la payer ? La ville sera-t-elle abandonnée, et visitée pour des excursions « à la journée » depuis Damas ? Et surtout, que deviendront les habitants et les nomades ? Autant de questions qui se posent ici, et ailleurs, dans beaucoup d’endroits…

À ce sujet, Eric Orsenna a écrit un livre passionnant: L’avenir de l’eau (la suite de Voyage au pays du coton, petit précis de mondialisation), que je recommande chaudement !

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