Une journée dans la campagne bolivienne…

Bye Bye Sucre

( ses chocolats, ses fruits exotiques, son cinéma…)


7h30 : On s’offre un petite déjeuner copieux dans le patio de l’hôtel : avoine quakers au lait, avec des morceaux de kiwis et de fraise pour faire « comme sur le paquet ».
8h. ou plutôt 8h30 : Top départ ! on quitte Sucre, dans une bonne montée. On nous avait prévenu, c’est super vallonné : ca monte, ca descend… On est plus très exigeants maintenant, du moment qu’on a du goudron, on est contents!
10h : Permière petite pause grignotage. A cette heure, Ramón doit quitter l’hotel : il a pris l’habitude de partir plus tard, et nous rejoint pour la pause pique nique. Il faut dire qu’il fait du vélo de compet’, et roule un peu plus vite que moi. C’est presque vexant des fois, il fait en 2h ce que je fais en 4h !
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Evo Morales, intarrissable sujet de conversation

13h : on s’arrête pour pique niquer un peu a l’écart de la route, tout près d’un ruisseau. Au menu : pain sauce tomate, thon, banane, chocolat.

A peine installés, on reçoit une première visite, celle de Pablo, avocat a Sucre. Il passait par là avec son 4×4, pour rejoindre sa maison de vacances.
Evo Morales… « Les gens qui ont voté pour lui sont les analphabètes. Il n’y en a que pour les communités indigènes, ils montent les riches contre les pauvres… »
Rodrigo, consultant en développement durable rencontré 3 semaines plus tôt, parlait lui carrément d’un gouvernement fasciste.
La crise… « Ici les gens ne voient pas vraiment la différence. De toutes façons, ils sont pauvres, donc ça ne peut pas changer grand chose pour eux, ils mangeront toujours des patates et du maïs. Pour vous, en Europe, c’est différent : vous gagniez peut être 1000$, et maintenant vous n’avez plus que 500$ par mois, vous pouvez vous acheter moins de choses… »
Oui… On gagne peut être un peu plus, et en France, on a un super système, ça s’appelle le chômage…
Le foot… « Vous avez un super président vous, Sarkozy !! Chirac aussi il était bien, il est intervenu pour que les qualifications de la coupe du monde se déroulent à la Paz, beaucoup d’autres pays étaient contre à cause de l’altitude! »
Ah bon ??

C’est ensuite un paysan qui nous rend visite : il fait des allez retour avec sa brouette pour remplir un bidon de 50 litres d’eau. Il va en faire une dizaine, pour récupérer au total 500 litres d’eau pour ses 1000 poulets. L’eau potable n’est pas encore courante dans les campagnes.
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15h : on reprend la route !

Rencontre nocturne…

16h : Il est temps de chercher un endroit pour dormir. On s’y prend tôt, la route sillonne à flanc de montagne, et il n’y a pas beaucoup d’endroits plats. On finit par trouver un coin un peu caché, pas très loin d’une petite maison.
18h30 : Boris fait chauffer de la soupe et du riz, et on mange à la tombée de la nuit !
20h30 : Après un peu de lecture, dodos, avec les poules ! Le grand air et l’effort nous fatiguent, on tombe souvent de sommeil.
23h : Ramón éteint les feux dans sa tente, après avoir regardé un film sur son notebook (un vrai geek !)
23h15 : Le paysan de la ferme d’à côté se pointe ! Il avait attendu qu’il n’y ait plus de lumière pour venir. « Je viens voir qui vous êtes… On sais jamais, pour pourriez être des mauvaises gens, venir pour nous voler notre nourriture… »

Sur le coup, il nous fait un peu peur. En réalité, c’est nous qui impressionnons les locaux plus que l’inverse ! Il venait juste pour qu’on le rassure. « On est juste la pour une nuit, ne vous inquiétez pas, on fait du vélo, on va vers Cochabamba… » Et le vieux repart rassuré. Le lendemain matin, il revient nous voir avec un bol de mais et de patates, et nous fait de grand signe en nous souhaitant bon voyage !

Bilan de la journée :

50 km. 6h de vélo, plus de 1000m de denivelée.
Rencontré sur la route :
2 petits vieux portants des fagots. Plein de gens dans les villages, accompagnant leurs troupeaux de chèvres, au loin des paysans labourant leurs champs.
Un groupe d’enfants qui sort de l’école et nous courre après.
environs 50 chèvres, 15 cochons, 5 ânes.
5 camions, 6 voitures.
Sur la route de Cochabamba

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12 réflexions sur “Une journée dans la campagne bolivienne…

  1. Bonne idée, ce journal d’une journée. On s’y croirait.
    Marie, il faut (en douce) délester un peu tes sacoches dans la remorque de Jamon, histoire d’équilibrer les vitesses.
    C’est quoi cette petite perche qui sort du casque de Boris? un rétroviseur? Pour vérifier que tu suis? Pas bête, contre les torticolis.
    Je note aussi sur les photos que Boris, malgré ses bains de boue, a un tee shirt d’un blanc… plus blanc que blanc!

    Papa ours, le geek de loindesyeux

  2. des moments inoubliables…; excellent les gamins qui vous courent après… que de merveilleux souvenirs vous allez rapporter….
    sympa le récit détaillé d’une journée…
    j’adore passer par ici, continue à nous faire partager cette magnifique aventure
    bisous de la lorraine

  3. @Sandrine : pour le coup là, ce n’est pas moi qui raconte, c’est Marie, Maribambel 🙂
    Et les gamins, en plus, ils poussent nos vélos quand ça monte !

    @L’ours geek : moi même, je suis à chaque fois surpris que le pressing réussisse à récussiter le blanc de ce t-shirt…
    Sinon, cette perche, oui, c’est un rétro. On appelle ça un troisième oeil.
    Les avantages par rapport à un rétro de guidon :
    1. Subbit moins les vibrations, donc se dérègle moins
    2. Ne se casse pas quand on bourre le vélo dans une soute de bus ou entre les 2 battants d’une porte d’hotel u npeu étroite
    3. permet de scanner ce qui se passe derrière soi, pour voir les voitures malgré la courbe, pour surveiller ce chien qu’on vient de doubler, etc.

    Je vais peut-être faire un billet là-dessus, tiens 🙂

  4. et voilà…. déjà une année de passée…. il y a un an, nous étions à Villars…. près à faire la fête, sous un beau soleil !!!
    alors, noce de coton… tu as trouvé un bouquet de coton à offrir à Marie ? hi hi….
    sinon, mes parents étant déscendus à St Martin ce week-end, ils m’ont chargé de te dire qu’ils pensent bien à vous et notamment aujourd’hui…
    gros bisous de tout le monde….

  5. Ce journal d’une journée bolivienne « ordinaire » nous a captivé, Marie a peut-être des talents d’écrivaine qu’elle ne connaissait pas. En tous cas, en ce 24 mai, nous étions chez nos amis de St-Martin de Crau et sur l’autoroute en voyant le panneau « Grenoble » nous avons repensé à cette belle journée de l’année dernière et la première chose que l’on fait en revenant à la maison, c’est de vous souhaiter un joyeux anniversaire ou plutôt « feliz cumpleaños » !!
    Marie tu corrigeras si ce n’est pas juste.
    Simone et Roger

  6. C’est vrai qu’avec ce récit d’un journée on est encore un peu plus avec vous… Ici à Grenoble ça y est l’été s’installe et nous avons eu notre première journée avec 35°C. A+

  7. Joyeux anniversaire de mariage. Un an déjà !

    Vous aviez commencé à préparer votre périple en parcourant les chemins drômois à bicyclette…

    Passionnante journée ( comme les autres, sans doute) dans la campagne bolivienne et quelle richesse que ces rencontres.

    Avez-vous un peu de fraîcheur à nous envoyer car le thermomètre flirte plutôt avec les 38-40°C ?; heureusement, on n’a pas cinq étages à monter … avec les vélos!!!

    Grosses bises à tous deux.

  8. Pingback: Loindesyeux.net » Coca, evo-lution et propagande

  9. super votre résumé de la journée – on s’y croirait nous aussi ! vous n’aurez jamais eu autant de fans que durant ces 6 mois de roue libre !

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