Ecologie : à quoi bon ?

Ce week-end j’ai fait un aller-retour en Lorraine, en profitant du fait que Lolo et Lola(1) remontaient aussi.

Avant de partir je me disais :

C’est cool, on covoiture.

De retour, après deux fois 600km d’autoroute sans que l’aiguille du compteur ne chatouille beaucoup les chiffres en-dessous de 160km/h, je me dis plutôt :

A quoi ça sert, tous ces efforts ?

Se contraindre

Pour aller bosser, je ne prends pas ma voiture, mais le bus. Ça a des avantages (coût et stress réduits), mais ça me prend entre 1h30 et 2h chaque jour (contre 50 min à 1h en voiture).

Le week-end, quand on prend la voiture, on essaye de la remplir. Dernièrement, nous nous sommes fendus de 70€ pour des aimants de toit, afin de rentrer à 5 skieurs (contre 4 précédemment, avec un siège rabattu).

Sur autoroute, on limite notre vitesse, en ville et en montagne, on conduit souplement.

Pourquoi se donner du mal ?

Si nous nous sommes imposés ces contraintes, ce n’est pas par masochisme, ni pour se faire appeler Jésus. C’est parce que comme dirait l’Ademe, il n’y a pas de petits gestes si on est 60 millions à les faire.

Limiter l’usage de sa voiture et modifier sa conduite, c’est réduire son impact sur l’environnement et le dérèglement climatique.

C’est une démarche globale : pourquoi perdre de précieuses années à attendre la contrainte d’une loi pour appliquer des méthodes qui ont prouvé leur efficacité ? C’est une démarche locale : Grenoble crève de la pollution, qui d’autre que l’automobiliste Grenoblois peut y faire quelque chose ?

Sans « ayatollisme »

Peu de gens sont aujourd’hui prêts à faire ce genre d’effort. Misons sur un déficit d’information et de prise de conscience (je suis assez optimiste sur ce point là).

Mais parfois, le découragement me guette. Simplement, j’ai l’impression que les efforts que je fais au quotidien sont ruinés pas la crasse indifférence d’un bon quart des automobilistes :

  • Quel surplus de CO2 produit pendant notre aller-retour à 30-40km/h au-dessus des limitations, et quel ratio par rapport aux rejets que nous essayons d’économiser chaque semaine ?
  • Combien de personnes ont délibérément laissé leur voiture au garage pendant le pic de pollution (2), contre combien d’automobilistes qui n’ont même pas été foutus de respecter les limitations de vitesse temporaires (3) ?

(Et je ne parle pas ici de sécurité routière, qui est un enjeu à bien plus court terme : un accident de voiture, c’est 2 secondes pour briser des vies. Ça mériterait un billet à part entière, tiens.)

Bob, énervé.


(1) j’ai changé les noms, afin de leur éviter tout déboire avec la marée-chaussée 😉
(2) pic de pollution à Grenoble du vendredi 15 .02 au mercredi 20.02.
(3) à ce propos une anecdote : je me suis fait copieusement insulter par un père de famille à qui je désignais le panneau de limitation à 70km/h, alors qu’il me doublait à 100km/h, pas gêné par sa femme ni par son fils de 10 ans…