Encore une histoire vache

La veille, on avait dû enlever quelques cornes de vache coupées, pour planter la tente dans un carré d’herbe, à côté de ce bâtiment reculé. Ce matin, on est à peine levés que l’abattoir s’anime : la grande porte en fer s’ouvre en grinçant, et 4 ou 5 locaux convergent vers ce lugubre hangar blanc défraîchit.

On émerge lentement dans les vapeurs du thé sucré pendant que la vache qui a passé la nuit dans l’enclot est amenée à l’intérieur. Beuglements étouffés, soufflements, piétinements de sabots… Invectives en espagnol. Bruits de chaînes des palans qu’on prépare.

Tout absorbés à engloutir notre porridge, on ne remarque pas le silence revenu.

Le temps qu’on plie la tente, et les équarrisseurs en hautes bottes de caoutchouc fument déjà leur cigarette au soleil, pendant que le dernier passe le jet à l’intérieur.

L'assado, le sport national

Bien urbains que nous sommes, on est loin de la chaîne alimentaire. Mais pour fournir ses 70kg annuels de viande à chaque argentin (et au cyclotouriste de passage), il ne faut pas traîner plus que le temps d’un petit déjeuner pour dépecer une vache entière 🙂


PS: oh, ça nous a coupé l’envie de manger de la viande pendant au moins… une demi-journée !

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